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Quittance de loyer : ce que la loi exige, et votre PDF en une minute.

Remplissez les informations, votre document se compose sous vos yeux. Le guide complet — texte de loi à l'appui — se trouve juste en dessous.

Étape 1 · vos informations

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Le bailleur
Le locataire & le logement
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Quittance de loyer
Période à renseigner
BailleurNom du bailleur
Adresse du bailleur
LocataireNom du locataire
Je soussigné(e) le bailleur, propriétaire du logement situé à l'adresse indiquée, déclare avoir reçu de le locataire la somme de le montant indiqué au titre du paiement du loyer et des charges pour la période de la période concernée, et lui en donne quittance sous réserve de tous mes droits.
Loyer hors charges—
Charges—
Total perçu0,00 €
Fait à …, le …
Signature du bailleur

Le guide de la quittance de loyer

Ce que la loi impose réellement, ce qu'elle laisse à l'appréciation du bailleur, et les erreurs qui rendent une quittance contestable. Les textes sont cités dans leur rédaction en vigueur.

Qu'est-ce qu'une quittance de loyer ?

La quittance de loyer est le document par lequel le bailleur reconnaît avoir reçu, pour une période donnée, le loyer et les charges dus par son locataire. C'est une preuve de paiement : elle constate un fait passé, elle ne réclame rien.

C'est ce qui la distingue de l'avis d'échéance, avec lequel elle est souvent confondue. Les deux documents portent les mêmes montants, mais ils n'ont ni le même moment, ni la même portée :

Avis d'échéanceQuittance de loyer
QuandAvant le paiementAprès le paiement
Ce qu'il ditVoici ce que vous devezVous vous êtes acquitté
Valeur probanteAucuneProuve le paiement
Obligatoire ?NonOui, sur demande du locataire

Envoyer un avis d'échéance en croyant délivrer une quittance est une erreur fréquente, et elle se paie : le locataire à qui l'on demandera une preuve de paiement — pour un dossier de location, une aide au logement, un prêt — se verra opposer un document qui ne prouve rien.

Ce que dit la loi : l'article 21 de la loi n° 89-462, en entier

Toute l'obligation tient dans les quatre alinéas de cet article de la loi du 6 juillet 1989. Le voici en entier, dans sa version en vigueur depuis le 27 mars 2014 :

« Le bailleur ou son mandataire est tenu de transmettre gratuitement une quittance au locataire qui en fait la demande. La quittance porte le détail des sommes versées par le locataire en distinguant le loyer et les charges.

Aucuns frais liés à la gestion de l'avis d'échéance ou de la quittance ne peuvent être facturés au locataire.

Avec l'accord exprès du locataire, le bailleur peut procéder à la transmission dématérialisée de la quittance.

Si le locataire effectue un paiement partiel, le bailleur est tenu de délivrer un reçu. »

Quatre alinéas, quatre règles, et rien d'autre :

  1. La quittance se délivre sur demande, gratuitement, et elle doit détailler les sommes versées en séparant le loyer des charges.
  2. Aucun frais ne peut être facturé au locataire, ni pour la quittance ni pour l'avis d'échéance.
  3. L'envoi dématérialisé suppose l'accord exprès du locataire. Il n'est pas acquis par défaut.
  4. Un paiement partiel donne lieu à un reçu, pas à une quittance.

Tout le reste — la signature, un délai de délivrance, un modèle imposé, une périodicité — ne figure pas dans le texte. C'est un point sur lequel beaucoup de sources se montrent plus affirmatives que la loi ; nous y revenons plus bas.

Le bailleur est-il obligé d'en délivrer une ?

Oui, mais lorsque le locataire la demande. La rédaction de l'article 21 est sans ambiguïté sur ce point : elle vise « le locataire qui en fait la demande ». Il n'existe donc pas d'obligation d'envoi spontané, mois après mois — sauf si le bail le prévoit, auquel cas cette clause s'applique comme toute stipulation contractuelle.

Deux précisions qui en découlent. La délivrance est gratuite, et une clause qui prévoirait des frais de quittance serait sans effet. Et la loi ne fixe aucun délai : elle n'impose ni un nombre de jours, ni une date butoir. La demande doit être satisfaite dans un délai raisonnable, notion que le juge apprécie au cas par cas.

En pratique, la plupart des bailleurs envoient la quittance systématiquement après encaissement, sans attendre la demande. Ce n'est pas une obligation, c'est une bonne habitude : elle coupe court aux réclamations et évite d'avoir à reconstituer six mois de quittances dans l'urgence, un dimanche soir, parce que le locataire monte un dossier.

Ce que la quittance doit contenir

La loi n'impose expressément qu'une chose : le détail des sommes versées, loyer et charges distingués. Mais une quittance réduite à ces deux lignes ne prouverait rien — ni qui a payé, ni pour quel logement, ni pour quelle période. Les mentions ci-dessous sont celles qui rendent le document réellement utilisable.

Schéma d'une quittance de loyer avec ses huit mentions repéréesReprésentation simplifiée d'une quittance de loyer. Huit repères numérotés désignent, de haut en bas : le titre du document, l'identité du bailleur, celle du locataire, l'adresse du logement, la période couverte, les lignes séparées du loyer et des charges, le total perçu, puis le lieu, la date et la signature. Chaque repère est détaillé dans la légende qui suit.1QUITTANCE DE LOYER2BAILLEURNicolas Martin12 rue des Lilas, 33000 Bordeaux3LOCATAIRECamille Roux4LOGEMENT8 avenue des Tilleuls, 33700 Mérignac5PÉRIODEDu 1er au 31 mars 20266Loyer hors charges650,00 €Provision pour charges60,00 €7Total perçu710,00 €8Fait à Bordeaux, le 3 avril 2026Signature
  1. 1La nature du document Le mot « quittance » doit apparaître. Un document intitulé « reçu » ou « facture » n'atteste pas la même chose.
  2. 2L'identité du bailleur Nom et adresse du propriétaire, ou ceux de son mandataire lorsque la gestion est déléguée.
  3. 3L'identité du locataire Le nom de la personne qui a payé. En colocation, chaque colocataire reçoit la sienne.
  4. 4L'adresse du logement Celle du bien loué, qui n'est pas nécessairement celle du bailleur.
  5. 5La période couverte Le mois ou le terme concerné, sans ambiguïté. « Mars 2026 » vaut mieux que « le mois dernier ».
  6. 6Le loyer et les charges, séparés La seule mention que l'article 21 détaille expressément. Deux lignes distinctes, jamais un montant global.
  7. 7Le total effectivement perçu La somme réellement encaissée. Si elle diffère du dû, c'est un reçu qu'il faut établir, pas une quittance.
  8. 8Le lieu, la date et la signature La date d'émission situe le document dans le temps. La signature n'est imposée par aucun texte, mais reste attendue en pratique.

Le générateur ci-dessus impose ces huit mentions par construction : il refuse de produire un document auquel il en manquerait une.

Vous préférez un fichier à garder et remplir vous-même ? Les mêmes rubriques existent en modèle de quittance de loyer à télécharger, en PDF, Word et Excel.

Un cas mérite un traitement à part, celui de la troisième mention : en colocation, chaque colocataire a droit à sa propre quittance, et le montant à y porter dépend de la forme du bail. C'est le sujet de la quittance de loyer en colocation.

Pourquoi le loyer et les charges doivent être séparés

C'est la seule exigence de forme que l'article 21 détaille : la quittance « porte le détail des sommes versées par le locataire en distinguant le loyer et les charges ». Un document qui annoncerait un montant global de 710 € ne satisfait pas le texte, même si la somme est exacte.

La raison est économique, pas formelle. Le loyer est un prix ferme, fixé au bail. Les charges, elles, ne sont que des provisions : le bailleur les appelle par avance, puis les régularise une fois par an en fonction des dépenses réellement engagées. Le locataire doit donc pouvoir suivre, mois après mois, ce qui a été appelé au titre des charges — sans quoi la régularisation annuelle devient invérifiable.

Et toutes les dépenses ne sont pas récupérables. La liste est fixée par le décret n° 87-713 du 26 août 1987, dont l'article 1 renvoie à son annexe :

« La liste des charges récupérables prévue à l'article 18 de la loi du 23 décembre 1986 susvisée figure en annexe au présent décret. »

Cette liste est limitative : une dépense qui n'y figure pas ne peut pas être répercutée sur le locataire, et une clause du bail qui le prévoirait serait réputée non écrite. L'annexe couvre huit catégories, de l'ascenseur aux espaces extérieurs, et distingue à chaque fois les dépenses d'exploitation, l'entretien courant et les menues réparations.

Sur la quittance, on inscrit la provision appelée pour la période, pas le montant définitif — celui-ci n'est connu qu'à la régularisation.

Paiement partiel : un reçu, pas une quittance

Le quatrième alinéa règle un cas fréquent et souvent mal traité : « Si le locataire effectue un paiement partiel, le bailleur est tenu de délivrer un reçu. »

La nuance n'est pas terminologique, elle protège le bailleur. Une quittance atteste que le locataire s'est acquitté de ce qu'il devait. En délivrer une alors que 300 € seulement ont été versés sur 710 € revient à reconnaître par écrit un paiement qui n'a pas eu lieu — un écrit que le locataire pourra opposer si le solde est réclamé plus tard.

Le reçu, lui, constate exactement ce qui s'est passé : une somme reçue, une période, et un solde qui reste dû. Il vaut donc mieux établir un reçu même quand il ne manque que quelques euros.

Nous avons consacré un outil à ce cas : le générateur de reçu de paiement partiel calcule le solde restant dû et appose la mention qui empêche le document de se lire comme une quittance.

Papier, PDF, email : comment la transmettre

Le troisième alinéa autorise la transmission dématérialisée, mais la subordonne à l'accord exprès du locataire. « Exprès » signifie explicite : le silence ne vaut pas accord, et le fait que le locataire ait communiqué son adresse email ne suffit pas.

Cet accord peut figurer dans le bail, faire l'objet d'un avenant, ou être donné séparément par écrit — un email du locataire disant qu'il accepte de recevoir ses quittances par voie électronique fait l'affaire. Le bailleur a tout intérêt à en conserver la trace : c'est à lui de prouver que l'accord existe.

Une fois l'accord obtenu, une quittance envoyée par email a la même valeur qu'une quittance papier. Un point technique mérite toutefois l'attention : un PDF dont le texte est natif, donc sélectionnable et recherchable, se manipule et s'archive bien mieux qu'une photo ou un scan. C'est ce que produit le générateur de cette page.

Comment recueillir cet accord, avec une clause prête à insérer au bail, et ce que la signature électronique change réellement : envoyer une quittance de loyer par email.

Quittance et CAF : ne pas confondre avec l'attestation de loyer

C'est la confusion la plus répandue, et elle coûte parfois des droits. Ce sont deux documents différents, et l'un ne remplace pas l'autre.

L'attestation de loyer est un formulaire Cerfa que la caisse d'allocations familiales adresse au bailleur, ou que le locataire lui transmet, pour ouvrir ou maintenir une aide au logement. Elle décrit la situation locative : le montant du loyer, la nature du logement, les parties au bail. Elle n'atteste d'aucun paiement.

La quittance, elle, prouve qu'un paiement a eu lieu. La CAF peut la réclamer — c'est fréquemment le cas pour vérifier qu'une aide reste justifiée — mais elle ne peut pas se substituer à l'attestation quand c'est cette dernière qui est demandée. Envoyer l'une à la place de l'autre revient à ne rien envoyer.

Le sujet mérite mieux qu'un paragraphe : quittance ou attestation de loyer, ce que la CAF attend de vous détaille qui remplit quoi, à quel moment, et ce que vous risquez à ne pas répondre.

Les cinq erreurs qui rendent une quittance contestable

  1. Une période ambiguë. « Mois de mars » ne dit pas si le terme couvre mars ou est payé en mars. On écrit les dates : « du 1er au 31 mars 2026 ».
  2. Un total qui ne correspond pas. Loyer et charges doivent s'additionner exactement au total annoncé. Une incohérence d'un euro suffit à faire écarter le document en cas de litige.
  3. Des charges fondues dans le loyer. C'est le seul manquement au texte que la quittance puisse commettre. Deux lignes, toujours.
  4. Une quittance émise avant l'encaissement. Établir la quittance à réception de l'ordre de virement, avant que les fonds soient arrivés, revient à attester d'un paiement qui peut encore échouer.
  5. Une quittance pour un paiement partiel. Voir plus haut : c'est un reçu qu'il faut établir.

Combien de temps les conserver

Le repère utile est de trois ans après la fin du bail, des deux côtés. Il vient de l'article 7-1 de la même loi de 1989, qui prescrit par trois ans les actions dérivant d'un contrat de bail — délai issu de la loi ALUR, applicable aux baux conclus depuis le 27 mars 2014. Passé ce délai, ni le bailleur ni le locataire ne peuvent plus agir sur le fondement du bail, et les quittances perdent leur utilité probatoire.

Cinq ans est plus prudent pour un locataire ayant perçu une aide au logement : les contrôles de la CAF ou de la MSA peuvent porter au-delà de trois ans, et la quittance est alors la pièce qui justifie l'occupation et le paiement.

Article 7-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, sur Légifrance

Questions fréquentes

Que doit contenir une quittance de loyer pour être valable ?

L'article 21 de la loi du 6 juillet 1989 n'impose expressément que le détail des sommes versées, en distinguant le loyer et les charges. En pratique, une quittance utilisable mentionne aussi l'identité du bailleur et celle du locataire, l'adresse du logement, la période couverte, le total perçu, ainsi que le lieu et la date d'émission — faute de quoi elle ne prouve pas grand-chose.

La quittance de loyer doit-elle être signée ?

Aucun texte ne l'impose : l'article 21 est muet sur la signature. Elle reste vivement recommandée, car certains organismes refusent une quittance non signée, et parce qu'elle identifie l'émetteur du document. Une signature manuscrite scannée suffit dans la quasi-totalité des cas ; la signature électronique qualifiée n'est pas exigée.

Le bailleur peut-il facturer la délivrance d'une quittance ?

Non. L'article 21 dispose qu'aucuns frais liés à la gestion de l'avis d'échéance ou de la quittance ne peuvent être facturés au locataire. La transmission est gratuite, et une clause du bail qui prévoirait l'inverse serait sans effet.

La quittance doit-elle distinguer le loyer et les charges ?

Oui, et c'est la seule mention que la loi détaille explicitement : la quittance porte le détail des sommes versées en distinguant le loyer et les charges. Un document qui n'annoncerait qu'un montant global ne répond pas à l'article 21. C'est pour cette raison que les deux champs sont séparés dans le générateur.

Peut-on envoyer une quittance de loyer par email ?

Oui, mais pas unilatéralement. L'article 21 subordonne la transmission dématérialisée à l'accord exprès du locataire. Cet accord peut figurer dans le bail ou être donné séparément par écrit ; il doit être recueilli avant le premier envoi, et le bailleur a tout intérêt à en conserver la trace.

Que faire si le locataire n'a payé qu'une partie de son loyer ?

Il faut lui délivrer un reçu, pas une quittance. L'article 21 le prévoit expressément. La distinction protège le bailleur : une quittance atteste d'un paiement complet, et en délivrer une pour un paiement partiel revient à reconnaître par écrit une somme qui n'a pas été perçue.

Combien de temps faut-il conserver ses quittances de loyer ?

Trois ans après la fin du bail est le repère utile : c'est le délai de prescription des actions dérivant d'un contrat de bail, fixé par l'article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989 pour les baux conclus depuis le 27 mars 2014. Les conserver cinq ans est plus prudent encore, notamment parce que les contrôles de la CAF sur les aides au logement peuvent porter au-delà de trois ans.